La revue de littérature de A à Z

Objectif : démystifier une base de la recherche universitaire.

La revue de littérature, c’est un nom bien compliqué.

Pour lever le mystère sur cet indispensable de la recherche, on en parle aujourd’hui. À la fin de cet article, vous en saurez assez pour arrêter de paniquer face à ce nom savant. Vous serez également en capacité de débuter la vôtre avec plus d’assurance.

Ça vous dit?

C’est parti !

La revue de littérature, mais quel est donc ce délire?

Quand je suis arrivée en Master et que j’ai découvert ce terme, j’ai vraiment paniqué. Dans un premier temps, je trouvais ça très mystérieux. Dans un second temps, j’ai trouvé ça tellement ambitieux que j’en ai eu le vertige.

Je n’avais jamais travaillé sur les auteurs que j’étudiais, je découvrais absolument tout, et j’étais déjà noyée par la masse de lectures. Je pensais alors que j’allais devoir faire des fiches de lecture de chacune de mes trouvailles bibliographiques.

Que nenni, le travail n’était pas à ce point colossal.

J’ai peu à peu découvert que derrière ces termes universitaires, la revue de littérature était simplement une collecte approfondie des informations liées à un sujet de recherche.

Il s’agit de l’explication et de la présentation organisée de votre bibliographie de base, si je puis dire.

Ce cadre contextuel permet d’apporter une pertinence et de la crédibilité à nos travaux qui se baseront alors sur les connaissances et études disponibles.

Au niveau formel, la revue de littérature présente les articles, ouvrages et contenus scientifiques relatifs à votre thématique, mais pas en vrac ! Il faut bien évidemment l’organiser de façon logique afin qu’il serve la construction de l’ensemble théorique de votre travail.

À quoi ça sert, une revue de littérature?

En la lisant, nous sommes censés être au fait des travaux indispensables et des avancées les plus récentes liés à votre sujet. En effet, une revue de littérature vous permet de comprendre où en est votre champ concernant l’étude menée.

Par l’analyse des avancées scientifiques, vous serez donc à même de savoir ce qui a été fait, la manière dont cela a été fait et, par conséquent, ce qu’il reste encore à faire. C’est là que cela devient pertinent puisque c’est ce qui vous permettra de positionner votre recherche de façon originale et constructive pour votre domaine.

Par exemple, si j’analyse l’état de l’art concernant la littérature féminine en Afrique au XXIe siècle, je serai en mesure de savoir quelles auteures il reste encore à découvrir, et sous quels angles elles n’ont pas encore été, ou trop peu, étudiées.

Attention, il ne s’agira absolument pas de plagier une revue de littérature trouvée dans un autre mémoire. Si le sujet s’approche du vôtre, vous allez bien évidemment vous en inspirer – et citer ce travail dans votre propre revue by the way. Toutefois, on vous demande généralement de ne citer que ce que vous avez lu, ou véritablement consulté durant la construction de votre pensée. Ne trichez pas, car vous pourriez bien être interrogé sur l’une des sources le jour de votre soutenance orale.

Concrètement, comment faire sa revue de littérature?

Maintenant que la définition et quelques règles générales sont posées, il est temps d’entrer dans le vif du sujet : Comment construire son état de l’art ?

Une fois que vous savez de quoi vous souhaitez parler, faites une compilation de toutes les recherches relatives à votre sujet. Pour éviter de vous retrouver avec des milliers de ressources dont vous ne saurez pas quoi faire, il faut adopter une stratégie.

Cela s’opère en trois temps :

  1. Trouver des sources et les trier;
  2. En extraire le sens;
  3. Les intégrer à son étude.

Vous comprenez désormais en quoi dégager les axes de sa recherche avant la construction de l’état de la littérature permettra de structurer cette dernière. De cette manière, vous pourrez classer vos trouvailles dans les classeurs correspondants. Vous gagnerez ainsi du temps lors de la rédaction finale.

Concernant l’extraction du sens, la lecture en diagonale sera nécessaire pour aller plus vite et rester focus. Pour ce faire, on lit bien l’introduction, le plan et la conclusion de chaque article, et si on y trouve de l’intérêt, on prend alors le temps de tout lire de manière plus approfondie. Cette technique permet de faire un premier balayage et d’optimiser son temps de travail.

NB : Rédiger sa revue de littérature n’est pertinent que si nous avons déjà notre problématique et notre plan. Bien sûr, vous pouvez la débuter avant, mais vous ne serez véritablement efficace qu’à partir du moment où vous saurez vers où vous souhaitez aller. Il est cependant indispensable de procéder à une recherche et une prise de note liminaire afin de trouver votre sujet et d’affiner votre problématique.

Trouver et trier les sources pour rédiger sa revue de littérature

Où trouver les sources?

Ici, je serai brève car je vous ai déjà créé un petit contenu répondant à la question. Il présente 5 astuces pour optimiser votre travail universitaire. En résumé, vos alliés principaux seront Google Scholar, Cairn et les sites spécialisés.

En outre, pour travailler de manière efficace, je vous conseille d’opérer par mots-clés et autres synonymes. Faire une veille vous aidera à ne rien rater des nouvelles parutions sur le web. Pour ça, créez des alertes sur Google Scholar par exemple.

Quels outils pour gérer les sources?

La version papier

Pour les amateurs du papier, j’ai testé le classeur classique pendant des années. Toutefois, ça n’est pas très écolo d’imprimer des centaines de pages pour en faire la lecture. Vous pouvez toutefois imprimer les contenus les plus importants, ou acheter les revues qui vous intéressent. À vous de choisir votre méthode.

N’oubliez pas cependant que votre revue de littérature figurera dans votre manuscrit. Si vous pouvez gagner du temps en fichant directement sur ordinateur, cela serait peut-être plus efficace. Toutefois, le carnet de bord est un indispensable dont je ne me suis jamais séparée. Vous pourrez y prendre des notes au fur et à mesure de vos lectures. Je vous en parlerai plus en détail dans un article à venir. Stay focus.

Zotero, le maître du Game

Comme je vous l’ai déjà présenté, dans Zotero, vous pouvez créer des bases de données en fonction de vos idées, thématiques ou parties de travail.

Cet outil est une mine d’or pour trier et classer toutes les ressources que vous trouverez sur le web ou en bibliothèque (Zotero possède une option de recherche par ISBN). En un coup d’oeil, vous verrez l’ensemble de vos recherches que vous pourrez aussi trier en fonction des genres : ouvrage, article, site web, article de presse, etc.

Simple et efficace, il vous aidera à trier les contenus et à générer votre bibliographie en un clic. C’est donc un indispensable à adopter au plus tôt.

Notion, l’application miracle

Notion est un outil tout nouveau (tout beau) pour moi. Toutefois, il est clair qu’il fait partie du prochain top incontournable des applications à maîtriser pour optimiser son travail.

En quoi Notion peut être utile à la création d’une revue de littérature me direz-vous? C’est l’extension Clipper qui en est la clé. En effet, grâce à cette petite extension disponible sur Google Chrome, l’option similaire à celle offerte par Zotero est disponible. Elle vous permet de récupérer vos données et de les stocker plus facilement.

En épinglant les contenus, vous les retrouvez ainsi sur votre espace de travail Notion. À vous de l’organiser comme vous le souhaitez. Je dédierai là encore un contenu à cette application de génie.

Comment trier ses données et ordonner sa pensée ?

Pour trier vos données, je vous conseille de choisir une division par concepts comme ceci : Concept 1, Concept 2, etc., Croisement des concepts. Chacun d’entre eux sera directement associé aux parties de votre travail de recherche.

Parce qu’un exemple sera plus parlant, en voici une petite illustration.

Admettons que je travaille sur la Littérature et la féminité en Afrique au XXIe siècle. Voici quels seront les axes de ma recherche, et donc de l’état de la question :

  • Littérature et féminité;
  • La littérature africaine féminine;
  • Littérature féminine Africaine du 21e siècle.

Pour chaque partie, je devrai trouver des sources et les lire afin de pouvoir ancrer mon travail dans ma thématique de recherche.

En rédigeant un résumé des contenus les plus importants, je vais me spécialiser peu à peu et pouvoir comprendre l’intérêt de ma recherche et l’état actuel de la question. Ce sont ces résumés qui construiront mon état de l’art et qui, au final, donneront un condensé – se voulant le plus exhaustif possible – des travaux menés sur ma thématique.

Vous l’aurez compris, c’est donc par l’état de la littérature que l’on devient véritablement un chercheur spécialisé dans un domaine.

Petits conseils avisés

Conseil n°1 : N’attendez pas le dernier moment pour vous y mettre. Ça vous prendrait un temps fou, tout en générant beaucoup de stress et de fatigue inutiles.

De plus, si vous n’effectuez pas ce travail sérieusement vous allez vous tirer une balle dans le pied. En effet, vous savez maintenant que sans une bonne revue de littérature vous ne pouvez pas construire une bonne recherche.

Conseil n°2 : Prenez le temps de retourner à votre état de l’art et de le nourrir a minima deux fois par mois. Vous aurez ainsi une base de données construite et à jour sans avoir à vous rendre malade. De plus, cette régularité vous permettra de cimenter votre recherche dans son actualité, ce qui vous donnera confiance en vous et en votre sujet. Vous avez donc tout à y gagner.

Conseil n°3 : Il faut savoir s’arrêter pour commencer à rédiger. Non, vous ne saurez jamais tout ! Une fois que votre état de l’art est fixé et solide, à l’image de votre plan, mettez-y un point final. N’oubliez pas qu’il vous reste tout un manuscrit à développer donc ne perdez pas de temps.

Enfin, dans les moments de doute, retournez lire les articles de votre revue. Cela vous permettra de retrouver l’inspiration ou même de faire émerger de nouvelles idées.

Si vous avez des questions, retrouvez-moi en commentaire ou sur Instagram. On se retrouve bientôt pour un prochain article. D’ici là, que la motivation soit avec vous,

Nina.

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