Quand les études nous rendent malade…

Le côté obscur de la force…

Les études sont une chance. Elles sont censées nous élever, nous aider à trouver notre voie, faire de nous des personnes solides. Or, qui peut affirmer qu’il a été stable et épanoui durant ses études ? Pour ma part, ça a été plutôt compliqué !

Aujourd’hui, je vous parle de moi pour mieux parler de vous. C’est parti.

Un constat amer

Longtemps, mes amies m’ont trouvée un peu dingue lorsque je leur expliquais que les études ne rendaient pas heureux, qu’être diplômé n’était pas la condition sine qua non du bonheur et que ça pouvait même être le contraire.

Car, malgré son utilité certaine, la scolarité devient une souffrance pour beaucoup. Il me semble que c’est parce que, pris dans le cursus et les examens, on oublie l’objectif premier de l’éducation pour se focaliser sur le résultat. Résultat qui nous plaît, non pas parce qu’il fait de nous une personne plus heureuse, mais parce qu’il est l’étendard que l’on dresse en société.

Pour se sentir exister, on sacrifie des années de bien-être en se tuant à la tâche… Sauf qu’un diplôme ma p’tite dame, ça ne rend pas heureux. Beaucoup vous le diront : c’est le chemin qui compte.

Bien sûr, finaliser mon parcours m’a apporté de la fierté, du soulagement et une joie intense. Mais ça n’a rien réglé à mes problèmes intérieurs. Mes angoisses et mes peurs de l’échec n’ont pas été balayées. Bien au contraire…

J’ai doublement eu le sentiment d’être une imposture et d’avoir triché pour en arriver là. Ça a beau être absolument faux, ça m’a collé à la peau longtemps, très longtemps. Je pourrais même réécrire une thèse, cette fois sur le syndrome de l’imposteur !

La pression extérieure, mais pas que…

Ce mal-être était partiellement dû à mon environnement, mais principalement à mon état d’esprit. Car, en vérité, même si j’ai adoré étudier, j’ai trimballé mes angoisses durant toute ma scolarité.

Manque de confiance et peur de l’échec : le combo explosif

Je pensais sincèrement que les diplômes me donneraient confiance en moi et que tout serait enfin paisible dans ma petite tête de souris de bibliothèque. Mais mes peurs de l’échec n’ont jamais fui face à mes victoires universitaires.

J’avais beau avoir de bonnes notes et exceller dans mon domaine, je me sentais toujours aussi minable. Pire, je ne parvenais pas à gérer ma panique face aux situations qui se répétaient : enseigner, être interrogée, être jugée et, pire que tout : échouer.

J’avais le sentiment que si j’échouais, je ne vaudrais plus rien. J’avais peur de décevoir l’univers, et surtout les gens que j’aime.

Je mesurais ma valeur par mes réussites, et je pensais que le monde entier en ferait de même.

Je ne me suis pas rendue compte que mon besoin de tout contrôler m’empêchait de vivre sereinement et de profiter des enseignements que l’on m’offrait. À vrai dire, sur le moment je ne savais même pas à quel point je me mettais la pression. Prise dans mon quotidien, j’avançais simplement et je pensais que tout ça était normal.

C’est en faisant le constat bien après avoir obtenu mon doctorat que j’ai compris que j’avais accumulé beaucoup trop de stress et de mauvaises habitudes.

Malheureusement, je n’étais pas la seule… Rares étaient mes amies à bien vivre leur scolarité.

Aujourd’hui, je sais que la pression ne vient pas que des autres et qu’il faut impérativement apprendre à déceler ses angoisses pour parvenir à les gérer.

Gérer les angoisses inaperçues

Clairement, il m’aura fallu des années pour comprendre que je faisais face à des crises d’angoisse, de panique ou de stress.

Appelez ça comme vous le voudrez. Le résultat est le même : ma vie était un lot de pressions permanentes et je ne le réalisais même pas… Pour ne pas y penser je devais rester active constamment.

Les doubles cursus et les jobs étudiants ont été utiles toutefois. Comme beaucoup d’entre vous, j’ai besoin d’être stimulée intellectuellement. C’est mon tempérament. J’aime faire les choses et les faire bien. Mais cela ne veut pas dire que je suis à l’aise dans tout ce pourquoi j’excelle.

Maintenant que je l’ai compris, je dois apprendre à me défaire de mon besoin d’excellence et à faire des choix pour moi et non plus pour les autres.

Se choisir, envers et contre tout

J’apprends que la confiance en soi passe par l’affirmation de soi et non pas par les réussites attendues par la société. Croyez-moi, il faut du courage pour imposer qui l’on est. Il faut de la confiance et une bonne dose de culot pour dire à ses proches : « Je sais ce que je fais, cette carrière n’est pas pour moi, peu importe que vous me preniez pour une ratée : J’ASSUME! ».

Car oui, j’ai des facilités. Mais mon âme et mon cœur ne sont pas comme des poissons dans l’eau dans toutes les situations.

Par exemple, j’adore enseigner. Pourtant, j’étais vraiment prise de panique avant chaque heure de cours alors que j’avais pris le temps de préparer ma séance avec sérieux. Chaque semaine, c’était un combat que je devais mener contre moi-même pour faire mon job… *insane*

Cette situation n’est qu’un exemple parmi d’autres. Elle m’a permis de comprendre que pour s’épanouir il suffit de choisir ce qui nous fait du bien, et ce même si le reste du monde ne comprend pas vos choix.

Pas de panique toutefois : angoisser durant ses études est normal, jusqu’à un certain point. Le stress avant les examens est un grand classique. Toutefois certaines situations sont des extrêmes et il est nécessaire d’apprendre à lire nos propres limites pour ne pas finir par exploser.

Esprit et entourage positifs

Quand notre entourage nous fait penser qu’être continuellement sous pression est normal, il est difficile de sortir la tête de l’eau. C’est pourquoi pour rester positif et productif il est important de bien s’entourer.

Ne pas s’enfermer dans le négatif

S’entourer de personnes positives, c’est se créer un cercle d’étudiants qui tire vers le haut. C’est aussi avoir un ami ou un proche bienveillant capable de vous booster quand il le faut. Si nécessaire, pensez également à faire appel à un professionnel pour vous organiser et reprendre le dessus !

Aussi, il est très important de chouchouter sa santé par le sommeil et l’alimentation mais aussi le sport. Je parle d’expérience. Prenez du temps pour vous sainement.

En outre, comme je le répète souvent, il faut savoir dire stop. Comprendre que certains chemins ne sont pas faits pour nous est primordial. Apprenez à accepter la possibilité de l’échec sans vous flageller. Être doué dans un domaine ne signifie pas forcément que l’on soit fait pour ça.

Le succès n’est parfois qu’un leurre

Je sais à quel point la réussite peut nous donner l’impression d’être épanoui. C’est bien évidemment vrai, atteindre un objectif avec brio nous rend heureux. Pourtant, j’ai aussi vécu le revers de la médaille.

Je m’explique. À chaque fois que j’ai dû faire cours ou encore présenter mes recherches lors de colloques ou de séminaires, ça a été très dur moralement et émotionnellement même si le succès effaçait rapidement mes angoisses. J’étais sans cesse sur des montagnes russes… Je devais constamment repousser mes limites. J’étais épuisée mais je pensais que je devais poursuivre dans cette voie pour me prouver que j’en étais capable.

Mais je sais aujourd’hui que ça n’en vaut pas la peine. J’ai fait le choix d’abandonner la gratification et le sentiment d’appartenance au profit de ma santé mentale et physique. Je choisis de vivre simplement en accord avec moi-même. Je me choisis.

L’avenir me fera peut-être changer d’avis, mais aujourd’hui je me libère de ma pression intérieure. Je suis douée mais ça n’est pas fait pour moi, c’est aussi simple que ça.

Pour finir, si je peux vous donner un humble conseil, ce sera le suivant : Soyez certain de votre valeur. Vous valez mieux qu’un diplôme, et un diplôme n’est pas une fin en soi.

Vous avez un avenir. Quel qu’il soit, il sera brillant parce qu’il sera en accord avec vous. Acceptez d’être qui vous êtes et ce que vous voulez vraiment.

Avec toute ma bienveillance, je vous dis à bientôt pour un prochain article.

D’ici-là, prenez soin de vous et que la motivation soit avec vous,

Nina.

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