Trouver un bon sujet de recherche

Chercher son sujet de recherche, c’est tout un art?

Comme je le disais dans l’article de la semaine dernière, un sujet de recherche peut nous suivre pendant de très longues années. Il est donc important de bien le choisir.

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler avec le coeur, depuis mon expérience. Car, outre les sujets d’exposés et autres dissertations libres, j’ai dû choisir trois sujets de recherche durant mes études : en Master I, en Master II et en Doctorat. J’ai donc une certaine expérience dirons-nous.

Laissez-moi vous en offrir un morceau.

C’est parti !

Un bon sujet de recherche n’est pas choisi à la légère

Tout d’abord, il faut savoir qu’un bon sujet de recherche doit avoir trois spécificités :

  • Un sujet doit nous ressembler;
  • Il doit nous faire vibrer;
  • Un sujet de recherche doit être pertinent et exploitable.

Ces trois points ont des causes simples : votre sujet va faire partie intégrante de votre vie pendant un certain temps. Il pourra être un bonus ou un poids dans votre quotidien, c’est pourquoi il faut y réfléchir sérieusement. Enfin, votre sujet va aussi refléter votre capacité à faire de la recherche, ce qui n’est pas rien.

Il va faire partie de votre vie

Votre sujet va définir en grande partie votre volonté de vous lever le matin pendant a minima 2 ans. Un sujet de recherche doit éveiller votre curiosité. Votre intérêt doit être réel.

N’étudiez pas l’anatomie des chiens si votre truc à vous ce sont les poissons rouges. N’allez pas analyser la trajectoire d’une balle de golf si vous êtes un.e fan d’apnée. Ne faites pas ce choix pour les autres mais pour vous-même.

Enfin, ne vous forcez pas à traiter un sujet juste pour la gloire, ni même pour l’argent. Là, je parle des sujets de thèse financés, des thèses fléchées par exemple.

La majeure partie des thésards financés que je connais et qui ont accepté un sujet par défaut n’ont pas terminé leur doctorat. Oui, je sais, ça paraît dingue. Ils ont été payés chaque mois pendant trois ans. Pourtant, ils n’ont pas réussi à aller au bout de leur parcours. Pourquoi donc?

Parce qu’ils n’avaient pas cette flamme. Celle qui fait que votre sujet vous prend aux tripes et que, même s’il vous sort par les yeux et vous empêche de dormir, il est hors de question pour vous d’abandonner avant d’avoir terminé votre manuscrit.

Car il va falloir en passer du temps le nez dans les livres. Vous allez en lire des articles. Vous allez consommer « tout » le contenu disponible lié de près ou de loin à votre thématique. Ça deviendra obsessionnel 🤓.

Alors, clairement, ce choix ne se fait pas à la légère.

La pertinence est de rigueur

Mais il faut aussi que le sujet de recherche soit pertinent. Ce n’est pas tout de mener une étude qui nous fait vibrer, encore faut-il qu’elle ait une utilité scientifique. Pour savoir si c’est le cas, rien ne vaut de bonnes vieilles recherches. Ici, Google Scholar et votre bibliothèque universitaire seront vos alliés. Consultez-les !

Si vous voyez que des études ont déjà été menées sur le sujet qui vous intéresse, essayez de remanier votre problématique, de la spécifier. Tentez de trouver un angle original pour traiter votre thématique.

À ce stade, si vous avez déjà un directeur de recherche en vue et qu’il est accessible, n’hésitez pas à aller le rencontrer. Faites-lui part de vos idées et demandez-lui conseil. Vous verrez, on est parfois très agréablement surpris.

Comment j’ai choisi mon premier sujet de recherche

Trêve de blabla, on passe au concret, me direz-vous.

Comment ai-je choisi mes sujets de recherche? La réponse est simple : le travail. Il n’y a rien sans rien, et le hasard est l’excuse des flemmards, soyons clairs.

J’ai beau me dire que c’était un choix des tripes, parce que j’étais passionnée, je sais qu’en réalité je lisais et réfléchissais énormément, constamment.

Les choses se sont déroulées sur une période assez longue, mais en voici les étapes :

Les 4 phases de la recherche du sujet de mes rêves

  1. En L2 et en L3, j’ai commencé à penser à faire de la recherche, j’ai donc établi une liste des choses pouvant m’intéresser. À chaque nouveau livre qui éveillait ma curiosité, à chaque sujet qui m’indignait, je prenais des notes.
  2. Durant les cours, je posais à mes professeurs les questions qui me traversaient l’esprit. Et celles auxquelles les réponses ne me semblaient pas suffisantes restaient en suspens, quelque part dans le coin de ma tête ou de ma feuille.
  3. Arrivée en fin de L3, je savais quelle auteure je souhaitais étudier, quelle question centrale je me posais. Afin de construire mon dossier de Master, j’ai donc peaufiné l’ensemble de mes idées et établi un plan clair de ma structure de recherche.
  4. Enfin, j’ai mené une enquête auprès de mes connaissances en Master afin d’être aiguillée vers le meilleur professeur compte tenu de mon choix de sujet. J’ai pris un rendez-vous, et nous avons discuté dans sa salle de cours, à 18h, après son dernier TD. Elle était ravie, enchantée par mes idées, et j’ai passé deux heures à prendre des notes sur tout ce qu’elle me disait.

C’est comme ça que ça a commencé. En résumé, j’ai posé mes idées, je les ai approfondies et analysées avant de les présenter à un potentiel directeur de recherche.

Croyez-moi, si vous élaborez votre sujet avec sérieux, vous pourrez avancer plus sereinement. Il est normal que votre questionnement soit amené à changer, à évoluer – parfois radicalement. Mais avec une bonne méthodologie, vous vous sentirez plus en confiance.

Voici mes conseils : dressez une liste de vos lectures, gardez des traces de vos recherches. Elles seront un précieux petit trésor dans les moments de doute.

Comment faire pour trouver son sujet rapidement

Le choix de mon sujet ne s’est donc pas fait en une nuit, en un éclair de génie. J’ai beaucoup discuté avec mes professeurs, curieuse d’en savoir plus. Oui, la curiosité est un merveilleux défaut pour tout bon chercheur qui se respecte. Même si on ne sait pas où l’on va, que la question que l’on se pose est encore dans le brouillard, on sait tout de même que l’on veut absolument découvrir les réponses.

Je vous conseille donc de prendre du temps pour trouver ce qui vous anime. Prenez du temps pour poser les choses à plat, discuter avec vos pairs et lire. Documentez-vous, soyez curieux tout en étant vous-mêmes. Notez, revenez, analysez. Un sujet viendra forcément à vous à force de remuer vos méninges.

Toutefois, si vous n’avez pas le temps de prendre le temps de la réflexion, pas de panique. Rendez-vous sur mon article détaillé sur le brainstorming et mettez les choses à plat en deux ou trois heures de temps.

Une heure, une feuille, un stylo et votre cerveau, voilà ce qu’il vous faut.

Si vous faites l’exercice sérieusement, vous aurez un sujet et une problématique en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Faites-moi confiance !

Et n’oubliez pas, en cas de besoin, contactez-moi, je vous redonnerai de l’espoir et le sourire !

Sur ces jolis mots, je vous dis à bientôt pour un prochain article et, d’ici là, que la motivation soit avec vous,

Nina.

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2 commentaires sur « Trouver un bon sujet de recherche »

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